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La vie sexuelle des femmes: Une sacrée aventure

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Est-ce normal pour une jeune femme de 20 ans de ne pas connaître l’orgasme ? Pour une future mariée de craindre sa nuit de noces ? Pour une femme enceinte de vouloir de plus en plus de sexe ? Pour une femme divorcée de se découvrir une nouvelle sexualité ? Pour une femme de 60 ans de vouloir encore « faire des folies » avec son mari ?

 

Evidemment, nous ne détenons point de réponses universelles à toutes ces questions. La vie sexuelle d’une femme est tellement riche et complexe, qu’au cas par cas, tout est possible. Chaque histoire est singulière et dépend d’une multitude de facteurs : enfance, éducation, culture, expériences sexuelles bonnes ou mauvaises, maladies, prise de médicaments, etc. Cependant, il existe des constantes. Les connaître avant de remettre en cause sa normalité pourrait être extrêmement rassurant.

 

Avant 20 ans : la découverte du sentiment amoureux

Rana, une jeune lectrice désorientée nous écrit : « Je ne reconnais plus mes amis d’enfance, les garçons autour de moi ne pensent qu’au sexe. Ils se vantent tout haut de leurs expériences abracadabrantes et se pavanent comme des coqs en rut. Tandis que moi je me sens loin de tout cela, contrairement à ce qui est écrit dans les magazines féminins, je n’ai pas envie de me masturber, je ne rêve pas de mon premier rapport sexuel ! Loin de la ! J’ai plutôt envie que Tarek me regarde, me sourit en retour, me parle, m’enlace. J’ai une soif intense d’amour et non de sexe. Est-ce normal ?  Est-ce que le sexe devrait m’intéresser plus ? »

Au tout début de leur vie sexuelle, hommes et femmes âgés de 15 ans à 20 ans, sont biologiquement à deux extrêmes. Le corps des garçons de 15 ans est sous l’emprise d’un pic violent de testostérone, le moteur de la libido par excellence. Pour plusieurs, cela se concrétise par une intense obsession de la performance sexuelle génitale. Tandis que les filles, elles, ne subissent pas cette poussée fulgurante d’hormones, et vont plutôt plonger dans le romantisme. Evidemment, certaines vont ressentir des pulsions sexuelles et un besoin d’autoérotisme. Cependant ce qui intéresse la plupart d’entre elles, ce sont surtout les dimensions sentimentales et sensuelles. Tandis que beaucoup de garçons de 15 ans se masturbent au quotidien, parmi les filles qui ont découvert la masturbation, la plupart se suffisent d’une fois toutes les deux semaines. C’est dire qu’elles recherchent plus la sensualité que la génitalité en tant que telle.

 

La vingtaine : un temps de découverte de la génitalité

Jinane, 23 ans, raconte : « Mon copain ne pense qu’à ça, c’est un véritable obsédé sexuel. Il me traite de frigide quand je lui avoue que moi, j’ai plutôt envie qu’on s’enlace ou qu’on s’embrasse.  De plus, comment lui dire que ses caresses inexpérimentées et gauches me font mal ? Qu’avec lui, je n’atteins pas l’orgasme ? Que j’ignore encore ce qu’est un orgasme !?! Des fois, je me remets en question, serais-je frigide comme il le prétend ? »

Au début de la vingtaine, hommes et femmes sont toujours dans leurs pôles respectifs. Le premier est en quête de sexe pour le sexe, le deuxième d’amour et éventuellement de sexe si l’amour est au rendez-vous. Durant cette période charnière entre l’adolescence et la vie adulte, le défi est de se laisser influencer sans résistances et de profiter de l’expérience et des demandes de l’autre. Habituellement, les protagonistes masculins à cet âge-là sont au summum de leur capacité génitale. Tandis que leurs partenaires féminins du même age développent leur plaisir génital progressivement au fil des années pour n’atteindre l’apogée que vers la trentaine. Nombreuses parmi elles, méconnaissent leur corps et n’ont pas encore percé le secret de leur propre jouissance.

D’une part, l’orgasme féminin étant un phénomène bien plus complexe chez la femme que chez l’homme, les deux partenaires doivent s’entraider afin que la jeune femme découvre sa propre génitalité et érotise son corps. D’une autre part, il appartient au jeune homme se laisser imprégner et de profiter de la douceur, de l’intimité et de la sensualité que lui fournit sa bien aimée.

 

La première fois : une épreuve singulière

Souraya 25 ans nous demande : « Je me marie dans deux semaines. Nous avions décidé d’un commun accord d’attendre le mariage pour faire l’amour. Et là, rien qu’à y penser, je panique. Mon entourage m’a raconté tant d’atrocités que j’ai l’impression d’aller droit à l’abattoir. Comment dois-je me préparer pour cette première fois ? »

Tellement de mythes circulent autour de la première fois qu’il est temps de rectifier le tir une fois pour toute : une première fois dans une ambiance sereine et détendue ne fait pas mal. L’hymen est très peu innervé et sa déchirure ne provoque qu’un léger pincement imperceptible si l’excitation est au rendez-vous. C’est la peur et la crispation qui invite la douleur dans le lit des nouveaux mariés.

Un conseil, choisissez bien votre moment, vous n’êtes pas obligés de consommer le soir même du mariage. Pourquoi ne pas plutôt profiter de la magie du voyage de noces afin d’en garder un souvenir mémorable. La nuit de noces, cette première au sein du mariage peut alors devenir une nuit délectable.  Soignez le cadre de votre première fois : chambre d’hôtel féerique, panorama romantique, ambiance sensuelle : lumière tamisée, bougies parfumées, huiles aromatisées… Sélectionnez votre lingerie afin qu’elle corresponde à vos désirs et ses envies. En planifiant ainsi votre première fois, vous pouvez diminuer par votre implication active la peur de l’inconnu que l’on ne peut contrôler. Quand la première nuit peut ainsi se dérouler sereinement sans pression et ni exigences, le couple se permet alors de jouir plus librement de son intimité. Sensualité et érotisme sont alors au rendez-vous. La mariée, affranchie du poids du devoir, peut s’offrir lascivement et même prendre quelques initiatives.

 

La trentaine : un temps de maturité

Jocelyne 35 ans raconte : « Depuis la naissance de mon deuxième, je ne suis plus la même. Entre le boulot, les courses, les activités des enfants, la gérance de la maison, moi qui était si active auparavant et ce dans tous les sens du terme, je n’ai qu’une envie : rester hypnotisée devant la télé jusqu’à m’endormir de fatigue. Je ne comprends pas comment font les trentenaires pour maintenir leur désir, le mien a pris ses jambes à son cou depuis un moment déjà. Pourtant, je suis bien consciente que c’est le moment où jamais. Nous avons appris à bien nous connaître Patrick et moi. Mon orgasme n’a plus de secret pour nous, mais c’est l’énergie qui nous manque. Comment remédier au piège de l’épuisement quotidien ? » 

L’insouciance de la vingtaine passée, les difficultés d’ordre professionnel ou familial entravent le plus souvent l’accès à une vie sexuelle épanouie. Cependant, la trentaine est aussi pour beaucoup de femme l’opportunité idéale d’appliquer et de vivre pleinement les découvertes faites à un plus jeune age. C’est le moment d’une mise en pratique bien ciblée de tous les apprentissages cumulés. Le challenge est alors de contrer la routine afin de garder allumée la flamme du désir malgré les nouvelles responsabilités d’adulte accompli. Il faut en premier lieu, réorganiser ses journées et éliminer de son planning toute activité inutile et chronophage telle surfer des heures sur Internet ou rester scotchée devant des émissions abrutissantes de téléréalité… Il faut ensuite fixer ses priorités et inclure la sexualité à son agenda. Planifier un temps pour l’amour est essentiel, même si, nombreux sont ceux qui ne trouvent pas cette démarche très romantique… Enfin, il faut passer à l’acte.

La femme trentenaire, maîtrisant son potentiel érotique et orgasmique est la candidate la plus favorisée à une sexualité satisfaisante. Pour ce, elle devra oser de nouvelles expériences et pimenter sa vie sexuelle. Elle pourra ainsi approfondir son plaisir et apprécier encore mieux le partage et la vie intime à deux.


Les dix ingrédients pour garder la flamme vivante au lit

1.     Une communication bilatérale franche, confiante, affectueuse : exprimer ses sentiments mais aussi ses attentes, ses envies, ses manques

2.     Une écoute attentive de l’autre : de ses besoins, de ses désirs, de ses préférences

3.     Le partage des loisirs et des responsabilités, des soucis et des rires

4.     De l’humour afin de dédramatiser certaines situations

5.     De l’empathie: se mettre à la place de l’autre afin de le comprendre

6.     Des compromis bilatéraux en respectant la différence de l’autre

7.     De l’initiative : aller activement vers l’autre booste le désir

8.     Du ludisme, de la surprise et de la fantaisie : au lit comme au quotidien

9.     De la séduction parfois tendre et romantique parfois fougueuse et érotique

10.  De la disponibilité et de la présence


 

La grossesse : un étape pas comme les autres

Karine 35 ans aussi, témoigne quant à elle d’un problème tout à fait différent: « On a beau me répéter que les femmes enceintes ont moins d’appétit sexuel, moi c’est complètement l’inverse. Depuis que je suis enceinte, mon désir sexuel n’a jamais été aussi fort. J’ai en plus des fantasmes incroyables et j’ai envie d’essayer pleins de nouveaux trucs. Le problème c’est que m’on mari réagit assez mal à mes sollicitations. Il trouve ma libido déplacée. Suis-je normal de ressentir une telle excitation ? Peut-il le comprendre ? »

La grossesse chamboule toujours d’une façon ou d’une autre la sexualité du couple. Certaines femmes font l’expérience d’un rayonnement psychique et de plénitude physique et sexuelle entrainant chez elles une “fringale” sexuelle intense. L’origine de ce nouvel appétit sexuel serait d’une part d’ordre psychologique : se sentant valorisée, “puissante“ par le fait d’avoir donné un enfant à son bien aimé, elle gagne en confiance en elle-même. D’une autre part, la femme peut vivre positivement les changements physiologiques de son corps : les seins qui s’arrondissent, un corps plus féminin, plus sexy, les hormones en ébullition peuvent déclencher en elle de vraies pulsions sexuelles,

Se vivant plus désirable, sa demande augmente parallèlement et ce comportement inhabituel peut déstabiliser le conjoint, même s’il n’est en rien inquiétant. L’homme peut se retrouver désorienté face à cette « double » nouveauté : son épouse qui devient mère et plus femme en même temps. La crainte de ne pas être à la hauteur peut provoquer une diminution dans son désir. Chute qui peut paraître soudaine et surprenante mais qui n’est guère alarmante, car le désir sera à nous au rendez-vous si on lui laisse du temps. D’autres hommes encore peuvent avoir peur de la libido exacerbée de leur compagne. Le désir de leur femme en hausse peut être vécu comme une agression envers leur virilité et leur rôle masculin. Ils peuvent appréhender l’idée de ne plus tout maîtriser et de ne plus mener la danse ce qui peut leur faire perdre leurs moyens.

Ainsi le rebond de la libido de Karine est tout à fait normal, mais pour habituer son époux à cette nouvelle femme en elle, il faudrait qu’elle puisse d’abord elle-même l’accepter. En effet, il existe toujours une certaine synergie dans le couple, une certaine complémentarité, ainsi le désir féminin rejaillit sur son partenaire, sous la forme d’un échange, d’un va et vient de l’un à l’autre. Quand une femme désire un homme, les signes qu’elle envoie servent de stimulants, quand il les décode, il y réagit. Si elle réussit à lui rendre son rôle d’amant et non l’utiliser comme un objet sexuel alors il va régler son désir au sien. L’important est de ne pas dramatiser mais au contraire essayez de profiter cette période exceptionnelle en privilégiant les câlins, la tendresse et la sensualité. L’essentiel est de le rassurer, de lui expliquer que tout cela est normal…La communication reste la clef maîtresse de tous les blocages dans le couple.

 

La quarantaine : un équilibre fragile

Nayla, 47 ans, se livre à nous : « Depuis quelques années, je me sens mal dans ma peau. Mon corps vieillit et je ne peux rien faire pour limiter les dégâts. Comme si je perdais le contrôle de ma vie. Le botox, la chirurgie, rien n’y fait, mon âge  me ronge les os, me ronge l’âme. Du coup, ma vie conjugale s’en retrouve affectée. Que faire ? Je ne me trouve plus séduisante, alors comment lui plaire ? Je suis consciente que j’ai un physique toujours acceptable, mais comment vous dire, je manque de vitalité, de jeunesse. Mon désir se réduit en peau de chagrin et je panique à l’idée de devenir asexuelle. La sexualité a-t-elle sa place avec l’age ? »

Entre 40 et 50 ans, hommes et femmes se rejoignent au niveau de leur sexualité. Les disparités masculines- féminines s’amenuisent à leur minimum. Pour les deux sexes, un équilibre se crée entre sensualité et génitalité. Cependant, de nouvelles contraintes guettent ceux et celles qui n’ont pas atteint cet équilibre. Si les hommes insatisfaits sexuellement sont souvent tentés par le « démon de midi », les femmes quant à elles, face à une frustration sexuelle mal vécue, plongent beaucoup plus souvent à l’inverse dans le dépit et le désintérêt.

Par ailleurs, c’est à cette époque que commencent les premiers changements physiques, ou en d’autres termes les premiers stigmates de la vieillesse. La graisse commence à devenir rebelle, les seins piquent un peu de la tête et les rides s’installent petit à petit. Tant de modifications quoique minimes, mais qui en perturbent plus d’une mettant en cause leur pouvoir de séduction. Sexuellement, la lubrification se fait plus rare et les contractions orgasmiques moins nombreuses. Le grand risque est de considérer la venue de ces variations comme l’annonce de la fin de la sexualité. Or ces changements sont non seulement normaux mais ils n’empêchent en aucun cas une sexualité satisfaisante. Au contraire, la complicité se met à croître tout au long des années et de nouvelles zones érogènes sont toujours explorables. Il faut juste oser s’aimer différemment et surtout s’accepter malgré le passage du temps.

 

Une renaissance

Maha, 47 ans, elle aussi, vit son âge bien différemment : « J’ai été mariée pendant 20 ans avec un homme formidable. Seulement, je m’ennuyais terriblement. Au lit, il me laissait de marbre moi qui brûlais de désir, de vie et d’énergie. Malgré ma carrière passionnante, mes deux enfants, mon mariage me lassait, ne me satisfaisait plus. Je me sentais étouffer. J’avais besoin de plus, besoin de vivre pleinement. J’ai eu l’impression qu’il me restait peu de temps pour profiter de la vie et de ses plaisirs. Alors, je divorçai afin de croquer la vie à pleines dents. Depuis je respire. Mon indépendance, je ne peux plus m’en passer. J’ai besoin du regard des hommes sur moi pour me réaliser et m’épanouir. J’ai besoin de profiter de cette vie éphémère que l’on mène avant de sombrer dans la vieillesse et la décrépitude. Mon entourage me traite de folle, d’allumée pourtant je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau. Mon désir est-il normal ? »

Les femmes sont nombreuses à être tentées de quitter le domicile conjugal quand les enfants deviennent autonomes. Elles disent que la tendresse de ces derniers leur manque, qu’elle les avait aidés jusque-là à compenser un déficit d’amour dans leur mariage. De plus, la ménopause coïncide souvent avec le départ des enfants. Ce double renoncement à la maternité pousse inconsciemment les femmes vers une nouvelle vie, souvent en compagnie d’hommes plus jeunes comme pour prolonger leur vie de femmes et de mères à la fois. Ainsi, les femmes vivent bien différemment le cap de la quarantaine, certaines s’y enlisent d’autres y renaissent.

 

50 ans et plus : Oser continuer

Nadia, 65 ans, se confie à nous radieuse : « Depuis que la crainte d’une grossesse non désirée ne me hante plus et depuis que mes enfants sont partis faire leurs études à l’étranger, je n’ai jamais autant apprécié faire l’amour avec mon mari. Je me sens libérée d’une double contrainte et ça me donne des ailes. Mon époux est enchanté et savoure pleinement cette agréable surprise. Nous nous aidons bien sur un peu, moi de lubrifiant, lui de petites pilules mais ça ne nous empêche en rien de savourer chaque caresse, chaque baiser. Néanmoins, je me pose souvent cette question : jusqu’à quand cela restera possible physiologiquement ? »

Physiologiquement, les personnes du troisième age peuvent parfaitement poursuivre leurs activités sexuelles, même s’ils le font moins fréquemment. Nadia n’a pas découvert de produit miracle ! Elle a juste compris que la poursuite d’une sexualité régulière associées à une bonne dose d’attitudes positives et un soupçon d’estime de soi sont les meilleurs ingrédients pour une vie sexuelle épanouie quelque soit l’âge. Certaines études montrent même que les personnes âgées qui ont une activité sexuelle régulière (coit, masturbation) ont une meilleure qualité de vie. En effet ils vivent plus vieux, en meilleure santé et plus heureux! Mais attention ! S’il n’y a pas d’âge pour s’aimer, cela implique une certaine adaptation aux nouvelles exigences du corps et un investissement du couple vers une sexualité différente, ayant su évoluer de la pulsion de la jeunesse vers une intimité savoureuse et une complicité renforcée. Ainsi, les préliminaires se prolongent et on se donne du temps, pour mieux s’aimer, préparer en douceur son corps et celui de l’autre à la jouissance. Un corps « sensualisé » à l’extrême dans un espace temps illimité, sans hésiter de s’aider de lubrifiants ou de facilitateurs de l’érection. Pourquoi s’en priver quand le besoin y est ?

Ainsi, contrairement aux idées reçues, une sexualité satisfaisante peut accompagner notre vie le long du chemin tant que notre santé nous le permet.  Car après tout, pour lutter contre le vieillissement, rien de tel que les plaisirs érotiques ! Là est peut-être la véritable source de jouvence…

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